Le radon est un gaz radioactif inodore et incolore qui se forme naturellement dans les sols riches en uranium. Il remonte par les fissures et les vides dans les fondations des bâtiments, puis s'accumule à l'intérieur. En Belgique, c'est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac selon l'Organisation mondiale de la santé.
Le radon en Belgique : chiffres et zones à risque
L'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) fixe le niveau de référence à 300 Bq/m³ en moyenne annuelle pour les habitations. Ce seuil est conforme à la directive européenne 2013/59/Euratom, transposée en droit belge.
Les mesures réalisées sur l'ensemble du territoire montrent que certaines régions présentent des concentrations nettement supérieures à la moyenne nationale :
- l'Ardenne et la Haute-Fagnes
- le Brabant wallon
- les environs de Verviers, Bastogne, Neufchâteau, Dinant et Marche-en-Famenne
Ces zones sont identifiées dans le Plan National d'Action Radon 2020-2025 comme prioritaires pour la mesure et la prévention. (Source : AFCN)
Pourquoi les immeubles collectifs sont particulièrement exposés
Dans un immeuble à appartements, le radon entre principalement par les niveaux inférieurs : cave, local technique, parking souterrain, local chaufferie. Ces espaces sont souvent peu ventilés et confinés, ce qui favorise l'accumulation du gaz.
Le radon peut ensuite migrer vers les étages via les gaines techniques, les escaliers, les passages de câbles ou les défauts d'étanchéité entre niveaux. Les appartements du rez-de-chaussée et du premier étage sont les plus exposés.
Dans un immeuble collectif, plusieurs dizaines de personnes résident dans le bâtiment et la responsabilité de la qualité de l'air est partagée entre le syndic, les copropriétaires et les occupants.
La ventilation : la réponse technique efficace
La ventilation mécanique est la solution la plus fiable pour réduire les concentrations de radon. Deux approches complémentaires sont utilisées :
- La dépressurisation sous-dalle : un extracteur crée une dépression sous la dalle de béton, empêchant le radon de pénétrer dans le bâtiment. Cette technique est particulièrement efficace dans les locaux en sous-sol.
- La ventilation des locaux communs : un système VMC dans les caves, parkings et locaux techniques dilue et évacue le radon avant qu'il ne monte vers les parties habitées.
Ces interventions sont dimensionnées en fonction des concentrations relevées sur site. Un diagnostic préalable est indispensable pour définir la solution adaptée à chaque bâtiment.
Obligations réglementaires pour les gestionnaires d'immeubles
Depuis la transposition de la directive 2013/59/Euratom en droit belge, les employeurs dont les locaux de travail se situent au rez-de-chaussée ou en sous-sol dans une zone à risque ont l'obligation de mesurer les concentrations de radon et d'agir si le niveau de référence est dépassé.
Pour les syndicats de copropriété, la responsabilité est plus large : les parties communes (parkings, locaux techniques) peuvent constituer des lieux de travail au sens de la réglementation, notamment lorsque du personnel y intervient régulièrement.
En cas de dépassement de 300 Bq/m³, des travaux de remédiation sont requis. L'AFCN propose un accompagnement pour les bâtiments situés dans les zones prioritaires.
Faire mesurer et agir
La mesure du radon se fait au moyen de dosimètres passifs placés dans les locaux pendant une durée minimale de trois mois, de préférence en période hivernale. Des organismes accrédités en Belgique proposent ce service.
MVN accompagne les syndics et gestionnaires d'immeubles collectifs dans l'évaluation de la qualité de l'air intérieur et la mise en place de solutions de ventilation adaptées. Contactez-nous pour un diagnostic.